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Enrico Maria Radaelli *

Ce texte a été publié dans « Catholica », décember 2011.
(testo in italiano su « Fides Catholica », n. 2011/2, pp. 229-44;
der Text in Deutsch in „Theologisches”, Januar-Februar 2012, n. 1)

LA VOIE SURNATURELLE
POUR RAMENER LA PAIX ENTRE L’AVANT ET L’APRÈS VATICAN II.


Ière PARTIE, du Préambule au n. 4;
(La IIde PARTIE, du n. 5 à n. 10, est à la page 2).

Le texte suivant est joint à La Bellezza che ci salva.

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copertina de: LA BELLE CHE CI SALVA.

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PRÉAMBULE.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaParmi les nombreuses rengaines théologiques sans cesse ressassées, quelle fut la première, qui durant de très longues années affligea l’Église avant de s’évanouir pour toujours devant la splendeur d’une déclaration dogmatique ?
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Elle prit à peu près bien cent ans la dispute arienne « omooùsios ou non omooùsios ? » ; et celle sur « Mère de Dieu ou pas Mère de Dieu ? » dura des décennies ; la plus célèbre sur « maculée ou non maculée ? » fut clôturée par Pie IX en 1854 après bien six siècles de discussions.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Celle sur « grâce ou libre arbitre ? » vit s’affronter de très fins théologiens jésuites et dominicains; Paul V, épuisé, la suspendit laissant ouvert un espace à travers lequel la diatribe souterraine gargouille encore aujourd’hui.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Pour en finir, même avec la plus geignarde des questions, il aurait suffi que chacun, en toute simplicité, s’en tienne à la logique aléthique (ou « de vérité »), pour laquelle étant données certaines prémisses découlent uniquement conclusions véridique, et reconnaisse ensuite, sur la base du principe de non-contradiction, qu’on ne peut en appeler au critère du “oui mais”.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica En effet, même les plus sophistiqués “distinguos” s’épuisent, que ce soit sous l’étreinte de l’être (une chose est cette chose là et nulle autre) ou sous celle de la logique aléthique (qui à un certain point n’admet plus de réplique).
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaAvec raison le Pape Grégoire I, dit le Grand, soutenait que la plupart des erreurs et des hérésies fleurissent non pas d’un raisonnement « frigido pacatoque animo », (tenu par un esprit froid et dénué de passions), mais de la plus funeste et sotte de ces furieuses ennemies de la raison: la vaine gloire.

1. CONCILE VATICAN II: PASTORAL OU DOGMATIQUE?

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaDepuis cinquante ans, en référence à Vatican II dont on va célébrer en 2012 le 50e anniversaire d’ouverture et en 2015 celui de clôture, la dispute théologique partout répandue encore aujourd’hui est : « faillible ou infaillible ? », ce qui revient à dire : « pastoral ou dogmatique ? ».
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Depuis cinquante ans – qui ne s’en serait aperçu ? – dans l’Église on ne parle presque de rien d’autre, et même quand on aborde d’autres thèmes, on retombe invariablement ici et seulement ici, car ici et seulement ici se trouve le nœud de la question qui confère ou non de la valeur à toute discussion autour d’une des diverses doctrines qui transpercent aujourd’hui de part en part l’Église, la tourmentant (certains disent la détruisant, d’autres la renouvelant) comme jamais auparavant.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Le biais par lequel on cherche à introduire dans l’Église de nombreuses nouveautés doctrinales est entièrement contenu dans la formule qui définit la qualité du magistère conciliaire : « pastoral ou dogmatique ? ».
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica L’actuel refrain théologique ne revient-il pas aussi sous la forme « continuité ou discontinuité ? », clair écho de l’analyse de Benoît XVI dans son Discours à la Curie romaine du 22 décembre 2005 : « réforme dans la continuité ou réforme dans la discontinuité », est-ce à dire dans la rupture ? Ici “continuité” signifie le parfait maintien, sans être toutefois figé, de la Tradition apostolique et de son sujet, l’Église; “discontinuité” ; au contraire, signifie toute rupture substantielle, même minime, de la continuité évoquée.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Mais comme l’histoire le montre bien, Dieu doit être remercié, même pour ces questions théologiques difficiles, car elles ont toujours été et seront toujours, sinon l’unique, du moins un formidable moyen pour permettre au magistère et à la théologie de préciser le grand « discours sur Dieu », c’est-à-dire une connaissance de la divine Révélation toujours plus claire et approfondie en tous ses termes : par exemple la connaissance indubitable à laquelle nous sommes parvenus du mystère trinitaire, de l’incarnation et rédemption du Verbe, du lien entre Christ, Marie et l’Église, donc de la nouvelle Alliance et des dogmes dans lesquels l’Église en a précisé le contenu, condamnant ou empêchant de dramatiques lacérations en son sein.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Il faut noter combien les questions qui tourmentèrent l’Église pendant deux milles ans furent toutes absolument substantielles : elles concernaient quelques doctrines vraiment décisives, relatives à un aspect particulier mais important de l’économie du salut, à un article de foi spécifique qui, bien compris et formulé, aurait mis davantage en valeur la gloire de Dieu et sa bonté envers nous, mais qui, mal interprété, aurait ruiné tout le divin édifice de la doctrine chrétienne catholique, à cause de l’analogie unitaire de chacun des dogmes.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica La polémique qui perdure depuis cinquante ans ne concerne pas un simple problème de forme, mais l’alternative entre pastoralité et dogmatisme, formulée à l’ouverture des solennelles assises conciliaires.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica D’ailleurs, la polémique aussi a une énorme valeur, surtout quand elle rappelle les règles qui gouvernent la formulation de la vérité révélée; donc bénie soit la présente polémique si elle s’en tient à la rigueur de la logique aléthique mentionnée. Si en revanche elle devient l’expédient pour vampiriser le sang de l’Église et lui faire perdre sa vitalité, qu’elle soit immédiatement jetée au feu.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica La théologie ne peut absolument pas se soustraire à l’importance et au caractère incontournable de la méthodologie critique, fût-ce pour suivre les modes du moment; dans certaines de mes œuvres, les Postfaces aux œuvres d’Amerio éditées par Lindau et maintenant, plus en profondeur, dans La Bellezza che ci salva (Hoepli-Coletti, 2011, avec Préface de Antonio Livi) je démontre combien est éloigné de cette méthodologie le critère d’une pastoralité qui détermine le relativisme des mêmes affirmations doctrinaires.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Les mots concernés, qui donnent la définition formelle que nous recherchons, prononcés par le Pape Jean XXIII dans les temps et modalités les plus appropriés, à savoir dans le solennel Discours d’ouverture de l’assemblée conciliaire, ne laissent aucun doute sur leur signification: « La forme de présentation [du concile œcuménique Vatican II est] de caractère essentiellement pastoral » (Gaudet Mater Ecclesia, 6.5). « Essentiellement » lisons-nous, car l’initiateur du concile lui aussi prévoit que ses documents puissent se référer à des vérités dogmatiques déjà présentes dans le dépôt de l’Église.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Toutefois, il aurait été opportun d’exprimer clairement le caractère “mere pastoralis” du concile, mais sans barrer à priori l’accès au dogme en tant que tel.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Formellement, la chose paraît conclue ici: le concile reçoit sa forme ici, c’est-à-dire uniquement dans la déclaration préalable émise par la Chaire papale. Toute autre forme qui lui serait attribuée ultérieurement n’aurait aucune subsistance puisque toute entité reçoit sa forme lorsque celui qui la conçoit et la détermine élabore son projet, puis en maintient le plein contrôle “per se vel per alios” durant la phase d’exécution.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Dans tous les cas, ces mots seront repris textuellement par Paul VI, entre temps successeur de Jean XXIII, dans son Discours d’ouverture de la Deuxième session § 2.4 et mieux encore au § 4.4 : « Le temps nous semble maintenant venu où l’on doit plus profondément examiner, réordonner, exprimer la vérité sur l’Église du Christ, peut-être pas avec ces énoncés solennels appelés définitions dogmatiques, mais plutôt en utilisant des déclarations où, avec un magistère plus clair et faisant autorité, l’Église se prononce sur ce qu’elle pense d’elle-même ».
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Le concept sera repris par le Pontife et encore une fois confirmé, s’il en avait été besoin, à la clôture de la Quatrième et dernière session conciliaire: « Le magistère de l’Église, tout en ne voulant pas se prononcer avec des sentences dogmatiques […] a assumé la voix facile et amie de la charité pastorale ». Les confirmations du caractère pastoral sont donc plus qu’abondantes et avérées ; néanmoins beaucoup ne comprendront pas qu’un magistère pastoral puisse être « plus clair et faisant autorité » qu’une déclaration dogmatique.

2. LES DEUX MOTIFS OPPOSÉS POUR LESQUELS
LE « CARACTÈRE PASTORAL » DU CONCILE EST PROVIDENTIEL
AUSSI BIEN POUR LES “TRADITIONNISTES”
QUE POUR LES NOVATEURS.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaVoilà que tous les théologiens et le magistère luimême sont d’accord pour reconnaître, comme l’exprime bien Brunero Gherardini dans son Concilio Ecumenico Vaticano II. Un discorso da fare, p.90, qu’il s’agit « d’un Concile qui, déjà dans sa convocation […], exclut formellement de son horizon l’intention définitoire ». Mais si tout le monde s’accorde sur « le caractère pastoral » du concile, pourquoi la rengaine ? Où donc est le problème ?
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica C’est ici qu’est précisément le problème. Ici résident les espoirs des “traditionnistes” – j’use volontairement d’un néologisme, c’est à dire d’un mot qui, n’existant pas dans le vocabulaire italien, indique cependant précisément une notion essentielle, traditionisme, de tradition, au lieu du classique traditionaliste, de traditionnel, car entre ces deux concepts (voir mon La Bellezza che ci salva, p.289, note 31), « il y a une différence et même une opposition d’après l’étymon » : l’un dénote vie, mouvement, continuité, futur ; l’autre immobilisme, attachement au status quo et vague sens de mort ; par conséquent nous tous, hommes fidèles à la tradition, qui par mépris sommes appelés ‘traditionalistes’, devrions être appelés ‘traditionnistes’, ‘porteurs du mouvement de la vie qui du passé devient présent pour progresser dans le futur avec audace’ –. Ici encore, comme je le disais, résident les illusions (totalement infondées) des néo-modernistes ou novateurs, comme seront désormais appelés les faiseurs de nouveauté (de bonne ou mauvaise foi qu’ils soint).
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Le problème est bien ici, j’insiste, parce que cette reconnaissance formelle d’un caractère strictement pastoral permet aux deux positions théologiques opposées de se garantir la couverture nécessaire (couverture réelle pour les premiers, factice pour les seconds) pour pratiquer deux opérations opposées :
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica 1) aux traditionnistes le « caractère pastoral » garantit l’absence, dans le magistère conciliaire, de nouveautés dogmatiques qui, ne provenant pas de la Tradition ecclésiale, seraient susceptibles d’opérer dans l’Église une quelconque, même minime, rupture formelle ;
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica 2) aux novateurs, qui reproposent aujourd’hui cette Nouvelle Théologie déjà condamnée par Pie XII avec la Humani Generis, le « caractère pastoral » ouvre subrepticement une brèche pour faire entrer dans l’Église des nouveautés incompatibles avec le cadre dogmatique de la foi chrétienne-catholique, du fait de leur provenance : l’actuel immanentisme. Ces nouveautés illégitimes et désanctifiantes, les novateurs les convoitent en se cachant leur mauvaise nature sans devoir les passer au seul crible, le dogmatique, qui les reconnaîtrait certainement pour ce qu’elles sont : toutes filles de l’actuel naturalisme du monde.

3. LA QUESTION DES NOUVEAUTÉS DOCTRINALES.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaLe « caractère pastoral » donné au concile Vaticano II est donc utile aux deux parties, bien que pour des motifs opposés : à l’une pour atténuer dès le début la « désurnaturalisation », venin mortel dont sont imprégnées les nouveautés que l’autre propage ; à l’autre elle permet de dissimuler ce venin et pouvoir ainsi l’utiliser sans être censurée. De quelles nouveautés s’agit-il ?
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Il convient de noter que, pour ce qu’on pouvait comprendre du concile à ses débuts, personne n’attendait et personne n’annonçait aucune nouveauté : le Pape Jean XXIII avait clairement affirmé que l’intention du concile était seulement celle de rapprocher l’Église du monde.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Mais c’est justement ici, dans cette « ouverture au monde », que se situe, au moins implicitement, la raison de cette interminable tirade sur « faillible-infaillible », ou « pastoral-dogmatique », c’est à dire « continuité-rupture », etc. Les partisans de la Nouvelle Théologie, les Chenu, de Lubac, Congar, Rahner et d’autres encore, ne firent pas mystère de leurs intentions clairement innovatrices, dont ils confièrent l’accomplissement à un grand nombre d’évêques sans que le Pontife, lui-même déjà sensible à de tels claironnements, s’y soit opposé.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Il fallut seulement deux jours après l’ouverture du concile pour qu’éclate une conspiration patiente mais déterminée : le 13 octobre 1962, le cardinal Liénart réussit d’un coup de main la rupture de la légalité conciliaire, jetant à l’eau deux années de travail préparatoire dont le Pontife s’était d’ailleurs personnellement réjoui.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Ainsi s’introduisent dans le concile les nouveautés auxquelles se référera le Pape Paul VI à l’audience du 12 janvier 1966 ou à celle du 2 juillet 1969: « Le mot “nouveauté” nous a été donné comme un ordre, comme un programme ».

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica La partie novatrice s’appuie fondamentalement sur la thèse que chacune de ces nouveautés serait en continuité avec l’équivalente doctrine précédente. Mais comme le font remarquer les traditionnistes, l’assertion est affirmée, oui, mais cependant jamais démontrée.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica La première caractéristique vraiment inattendue de l’actuelle rengaine est que les champions de la nouveauté ne sont pas que des cardinaux, évêques et théologiens, mais aussi les Papes, même si ce n’est pas perceptible d’emblée. Il s’agit d’une particularité originale qui introduit l’élément majeur du problème et même le dramatise ; mais on verra, en démontrant comment tout cela a pu arriver, que c’est un faux problème.

4. LES TROIS DEGRÉS DU MAGISTÈRE:
LES DEUX DOGMATIQUES ET LE « PASTORAL ».

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Commençons par le point qui recueille l’adhésion universelle : de fait, tous (mais non pas ceux de l’École de Bologne, à cause de la réserve mentale liée à l’historicisme qui les distingue depuis toujours) s’accordent sur l’infaillibilité des doctrines déjà définies par le magistère de l’Église et présentes dans les textes conciliaires, en particulier (mais pas seulement) dans les Constitutions appelées justement “dogmatiques”.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Le consensus cesse sur l’infaillibilité de ce que les novateurs ont présenté comme des développements doctrinaux des dites définitions, et que les traditionnistes, en revanche, considèrent comme des nouveautés absolues, qui ne découlent absolument pas de ces mêmes définitions.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Les défenseurs de la continuité répondent affirmativement à un tel problème, puisqu’en cas contraire, la continuité se volatiliserait.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Donc la question est la suivante : le développement magistériel d’une doctrine de foi peut-il être un développement faux?
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaBien sûr que oui, le développement d’une doctrine vraie en elle-même peut être faux, car la portée de la prémisse peut être subjectivement faussée. Dans le cas d’un concile, à partir de la prémisse vraie, donc infaillible, de précédentes définitions, la conclusion qui en découle pourrait n’être pas nécessairement aussi vraie, que ce soit pour la raison qui a été mentionnée, ou parce que le concile a préféré adopter une position non formellement rigide par rapport au patrimoine dogmatique précédent.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Quand on rencontre un problème d’interprétation de cette nature, le critère le plus correct est d’interpréter le corollaire logique d’une doctrine vraie d’abord à la lumières de la logique aléthique qu’on exprimait, en démontrant que ce n’est pas un corollaire, ni logique, ni aléthique ; ensuite, à la lumière de la tradition, en démontrant qu’il n’est pas non plus aussi dans la ligne de la tradition.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Cela s’est produit lors du dernier concile, déclaré formellement pastoral, comme on l’a vu, au moins à trois reprises : à son ouverture, et c’est ce qui compte, puis à l’ouverture de la Deuxième session et, enfin, à sa clôture. Voilà que, dans cette assemblée, à partir de prémisses vraies on a parfois pu aboutir aussi à des conclusions au moins discutables (qui rentrent, canoniquement parlant, dans le 3e degré de “contrainte” magistérielle, celui qui, traitant de questions à caractère moral, pastoral ou juridique, requiert uniquement un « respect religieux ») quand elles n’étaient pas « carrément erronées », comme le reconnaissent les novateurs euxmêmes en se contredisant (cf. Liberté religieuse. L’Église avait-elle raison même quand elle la condamnait?, Post Scriptum 2a), « et en tout cas pas infaillibles » (Idem) et qui, par conséquent, « peuvent également être modifiées » (Idem).
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaDonc, ces conclusions n’engagent pas formellement comme si elles étaient dogmatiques, mais “seulement” moralement, par considération de la haute Chaire qui les proclame.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Par ailleurs, si à des degrés différents de magistère on ne fait pas correspondre des degrés différents d’assentiment des fidèles, on ne comprend pas la raison de ces différents degrés de magistère. Les différents degrés de magistère sont dus à leurs différents degrés de proximité avec la divine Révélation.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Alors il apparaît comme évident que les doctrines directement révélées par Dieu exigent un respect totalement contraignant (1er degré), quant aux doctrines qui leur sont connexes et définies comme telles par le magistère de l’Église, il leur sera dû un respect identique (2e degré); les doctrines sans doute liées à la source révélée mais dépourvues de la définition ecclésiale n’appartiennent ni au 1er ni au 2e degré, elles méritent néanmoins un respect intérieur et extérieur comme expression du principe de Lérins, acquis avec Vatican I (“quod semper, quod ubique, quod ab omnibus creditum est”).
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Les trois degrés garantissent aux fidèles l’authenticité de la doctrine ecclésiale. Le garant dans chacun de ces degrés est le munus dogmatique de l’Église (Mt 16, 16-19; 18, 18), à laquelle fut assurée l’assistance infaillible de l’Esprit Saint, aux conditions que nous avons rappelées. Ce munus, de conséquence, crée chez les fidèles le lien de l’obœdientia fidei et il exige de la part de l’Église la même obédience aux conditions qui la rendent infaillible.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Le seul examen pour reconnaître à une doctrine la certitude due à sa proximité avec la Révélation consiste à la confronter au feu dogmatique : la paille brûlera, mais l’or divin resplendira de tout son éclat.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Les doctrines de l’Immaculée Conception et de l’Assomption, aujourd’hui reconnues comme dogmes, c’est à dire articles de foi, appartenant au 1e degré et sont investies en tant que telles du charisme de l’infaillibilité ecclésiale et exigent la susdite obœdientia fidei : mais respectivement jusqu’à 1854 et 1950 elles appartenaient aux doctrines en discussion, c’est à dire au 3e degré et on leur devait seulement le « respect religieux ».
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica De fait, un identique « respect religieux » est également dû à ces doctrines nouvelles qui, en l’absence du charisme d’infaillibilité, constituent l’enseignement de l’Église depuis 1962 jusqu’à aujourd’hui.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica En 1854 et en 1950 le feu du dogme imprima dans la doctrine de l’Immaculée et de l’Assomption la sphraghìs, le sceau de la divine Révélation, au moins indirecte ou implicite, les déclarant ab initio et per sese vérités absolument certaines car dotées d’un solide fondement révélé. Le munus dogmatique les soustrayait au domaine des doctrines discutables, les revêtant de la splendide parure de doctrinæ fidei.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica C’est par leur lecture authentique et par leur interprétation infaillible de la divine Révélation que les Souverains Pontifes ont acquis une telle reconnaissance ; ils ne procédèrent donc pas à une transformation de l’objet, comme d’ailleurs ne le feraient jamais des critiques d’art. En observant une œuvre sous tous les points de vue utiles pour l’expertiser – certificats de provenance, de changement de propriété et de lieu, test de pigmentation, de glacis, radiographies et réflectographie – les professionnels y reconnaissent, comme les Papes devant une doctrine, l’indiscutable et éclatante authenticité d’un tableau de maître.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Cela se produisit pour les deux doctrines déjà mentionnées : une fois reconnue, leur origine divine fut déclarée. Si donc l’une de ces doctrines plus récentes connues comme nouvelle doctrine de la Révélation, irénisme, présence du même Dieu dans les « trois grandes religions monothéistes » ou autre, provient de la même main très haute ou au contraire d’une main apocryphe et fangeuse, on le constatera paisiblement par le plus sûr et le plus splendide des moyens : le munus, l’examen dogmatique vu précédemment.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Grâce à cet exemple, on peut remarquer que la caractéristique d’un “nouveau” dogme est sa continuité avec la doctrine révélée et déjà dogmatisée.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica D’ailleurs, depuis Vatican II, il n’existe aucun « nouveau domaine dogmatique », selon l’expression des novateurs, dans lequel inclure les nouveautés conciliaires et postconciliaires, Vatican II étant un simple « domaine pastoral », bien qu’extraordinaire et solennel – de la solennité propre à tous les conciles œcuméniques, comme le relève Gherardini – : aucun de ses documents ne possède de fait les caractéristiques de l’aspect dogmatique que les novateurs voudraient lui reconnaître pour requérir l’obéissance des fidèles.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Dès le début, ils furent pourtant les premiers à ne pas engager le concile dans cette direction, pour ne pas se trouver liés eux-mêmes au devoir de l’obœdientia fidei. Aucun de ces documents, disaisje, ne peut afficher une autorité supérieure à celle conférée par les Pères du concile et émanant d’une assemblée qui s’est voulue d’orientation seulement pastorale, qui s’était clairement et ostensiblement déclarée contraire à la méthode dogmatique, afin de donner au monde uniquement quelques indications de « caractère pastoral ».
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica Donc, à la question sontelles aussi infaillibles ces doctrines que les novateurs voient comme des développements doctrinaux conséquents aux précédentes définitions dogmatiques – et les traditionnistes, au contraire, comme inconséquents –, la logique aléthique donne une réponse négative. (Allez à la page 2).

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Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaLe texte présant, qui constitue la clef herméneutique amérienne pour comprendre pleinement la profondeur du lien métaphysique entre les deux transcendantaux Beauté et Vérité, est joint à La Bellezza che ci salva, dont il est presque l’âme.

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Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica* Enrico Maria Radaelli, docente di Filosofia dell’estetica, e direttore del Dipartimento di Estetica della Associazione Internazionale “Sensus Communis” (Roma), collabora alla cattedra di Filosofia della conoscenza (sezione Conoscenza estetica) della Pontificia Università Lateranense.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaSi riporta qui di seguito il catalogo di tutte le sue pubblicazioni, di cui si danno tutti i ragguagli nelle pagine apposite di CONVIVIUM:

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicatutta la chiesa in uno iota (postfazione a “iota unum”).
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaLindau, Torino 2009, pp. 673-714 di 752, € 29; evidenziata per la prima volta nella storia della teologia la soluzione che lo stesso Amerio dà in Iota unum alla crisi della Chiesa di cui egli per primo porta le prove: essa è « la legge stessa della conservazione storica della Chiesa: […infatti] la Chiesa non va perduta nel caso non pareggiasse la verità, ma nel caso perdesse la verità [marcature dell’Autore]» (p. 28 dell’edizione Lindau {16 della Ricciardi}).

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicastat veritas, mendacium fugit (postfazione a “stat veritas”).
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaLindau, Torino 2009, pp. 176-252 di 272, € 19,50; lo scetticismo e il relativismo denunciati da Amerio come inibitorii della forza della ragione danno luogo all’‘orrore assoluto e universale per qualsiasi novità’, cioè al misoneismo nell’arte – sacra o profana che sia –, con grave ricaduta nella liturgia, nella dottrina, nell’etica, nel comportamento sociale e nell’individuazione dei valori vivificanti.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicala soprannaturale armonia tra intelletto e realtÀ
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica(postfazione a “zibaldone”).
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaLindau, Torino 2010, pp. 462-583 di 615, € 32,00; approfittando del nome Zibaldone, che viene da zabaione, in undici capitoli è illustrata la relazione tra intelletto e verità; questa chiede all’intelletto di ogni uomo, proprio per questo approntato, di entrare in esso e di prenderne il possesso con ogni pensiero, giudizio e conoscenza compiuti; obbedienza e libertà hanno un ruolo decisivo per permettere alla mente di camminare in ogni momento della propria vita sulla strada più pura e bella per arrivare infine alla felicità della vita eterna [cfr. « Questa è la vita eterna: che conoscano te, l’unico e vero Dio, e colui che hai mandato, GESÙ Cristo » (Gv 17, 3)]; in questa prospettiva la forma dogmatica del magistero della Chiesa è ben più caritatevole di quella mere pastorale, sicché al § 8 si offrono i motivi perché la Chiesa torni a nuovamente utilizzarla.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicasacro al calor bianco.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicala messa di san pio v e la messa di paolo vi alla luce
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicadella filosofia dell’Æsthetica trinitaria.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaPro manuscripto, Milano, 2008, pp. 189, € 23; la bellezza e congruità liturgica risplendono solo quando l’imago o volto della celebrazione è in continuità con la liturgia della Croce e della Trinità (Messa Gregoriana) e non è inficiato in nulla da intenzioni seconde, (Messa del Novus Ordo); è sviluppata anche la soluzione ameriana (v. la Postfazione a Iota unum) del problema dato dall’autorità del Papa allorché questi dovesse cadere nell’errore e insegnarlo.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaINGRESSO ALLA BELLEZZA. FONDAMENTI A UN’ESTETICA TRINITARIA.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica(Prefazione di Elio Franzini), Fede & Cultura, Verona, 2007; pp. 399, € 30; per la prima volta nella storia della filosofia è mostrata la fondamentale unità tra pensiero e realtà, a partire dalla verità riscontrata da san Tommaso per la quale i Nomi dell’Unigenito sono due e non uno solo: Verbum (Logos, Pensiero), e Imago (Specchio, Volto); nasce una tutta nuova e finalmente tomistica gnoseologia “æsthetica”, e si sviluppa una Teoria generale del linguaggio per la quale il linguaggio (l’arte) è metafora della realtà naturale.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaROMANO AMERIO. della veritÀ e dell’amore.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaMarco Editore, Lungro di Cosenza, 2005; pp. 340, € 25; (Introduzione di Antonio Livi), Marco Editore, Lungro di Cosenza 2005; è il primo testo in cui vien fatta emergere in tutta la sua portanza di tesi centrale di Amerio la nozione che questi chiamerà « dislocazione della divina Monotriade », o « questione del Filioque », dove l’amore prende il posto del Verbo; Interventi appositi di don Divo Barsotti e dei vescovi Mario Oliveri e Antonio Santucci; sono date le più ampie notizie sul pensiero del Luganese; le uniche due interviste (a « Sì sì no no » e a « Il Sabato »), le tre recensioni su fogli cattolici (« Civiltà Cattolica », « Jesus » e quella, censurata, per « L’Osservatore Romano »), il Piccolo glossario per la lettura di Iota unum e l’elenco di tutte le sue opere filosofiche.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaIL MISTERO DELLA SINAGOGA BENDATA.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica(Prefazione di Antonio Livi) Effedieffe Edizioni, Milano, 2002; pp. 409, € 30; in esso è impiantata la dimostrazione sul piano filosofico dell’affermazione teologica di san Tommaso d’Aquino: « Dio è le tre Persone » (S. Th. I, 39, 6), da cui la tesi: « Dio, se non è trino, nemmeno è » (pp. 98 sgg.); l’eguaglianza tomista e la tesi filosofica mostrano l’irrealtà logica e ontologica dei due monoteismi secchi, cioè privi delle tre Persone divine, Ebraismo e Islam.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaTra le sue conferenze (v. hortus conclusus):

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicain principio era il verbo, non l’amore.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaerrori dalla ‘dislocazione’ delle essenze trinitarie.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaRelazione al Convegno voluto dal Centro Studi Oriente Occidente su Romano Amerio nel X anniversario della morte: Romano Amerio, il Vaticano II e le variazioni nella Chiesa cattolica del XX secolo, Ancona, 9 novembre 2007, Atti editi da Fede & Cultura, Verona 2008; p. 23 di pp. 20-5).

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaROMANO AMERIo, veritÀ e tradizione.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaRelazione al Convegno italo-svizzero su Romano Amerio nel I centenario della sua nascita, Romano Amerio. L’Umanista, il Luganese, il Cattolico, Lugano, 24 gennaio 2005, Atti editi in coedizione da « Cenobio » - Casagrande, Lugano - Milano 2005; pp. 45-53 di 87.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicametafisica delle tre “grandi religioni monoteiste”:
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicacristianesimo, ebraismo e islam.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaConferenza al Circolo Tradizionalista Agostino De Torri,
Biblioteca di San Giovanni Evangelista (30 ottobre 2004).

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaTra i suoi articoli (v. aculeus):

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaIl giardino della bellezza ha una chiave antica.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaProseguono i contributi sulla centralità del Bello nella città, nella cultura e nell’arte. Nel presente articolo viene ripreso l’antico quesito: se effettivamente la proporzione aurea sia il “metro estetico” universale, dunque valido anche oggi, e perché, e dove ancora abiti (« Il Domenicale », anno 7, n. 24, 14 giugno 2008, pp. 8-9).

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolical'architettura del bello e del vero.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica
Come scoprire nell’edificio sacro il volto dell’Eterno.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica(« L’Osservatore Romano », 4-5 febbraio 2008, p. 4). Tit. orig.: Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaIn una cupola il segreto del secondo Nome del Figlio di Dio.

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicauna tela appoggiata ai vangeli.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica
L’invisibile verità si fa immagine nell’opera di Caravaggio.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica(« L’Osservatore Romano », 14 febbraio 2008, p. 4).

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaquella volta radiosa che esprime l’incontro
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicatra terra e cielo
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica
Arte sacra e origini della bellezza. Tit. orig.: L’origine della
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaBellezza
. (« L’Osservatore Romano », 12 giugno 2008, p. 5).

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicasplendore e mistero di un sorriso.
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaFilosofia estetica e teologia trinitaria dei Quattro Nomi
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicadell’Unigenito. Tit. orig.: Il sorriso della Bellezza in Dio e nella Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaChiesa e società d’oggi. (« L’Osservatore Romano »,
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica30 settembre 2009, p. 4).

Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaGNOSEOLOGIA E TRINITÀ: SUL METODO DELLA FILOSOFIA CRISTIANA
,
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolicaIN TOMMASO E BONAVENTURA
Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica
« Aquinas », sett. 2003, « Sensus Communis », vol. 5, marzo Aurea Domus - Metafisica e teologia cattolica2004, n. 1.

* Docente di Filosofia dell’estetica e direttore del Dipartimento di Estetica
della Associazione Internazionale “Sensus Communis” (Roma), collabora alla cattedra di Filosofia della Conoscenza (sezione Conoscenza estetica) della Università Lateranense.

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